DEMOCRATIE CHRETIENNE, D.C.
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Echange de vœux à la Démocratie chrétienne
Eugène Diomi Ndongala : « Le pays est dans le gouffre »
23/01/2009
Par Marcel lutete
Il est critique, le regard que le président
national de Démocratie chrétienne jette
sur la situation générale de la RDC.
L’homme n’a pas l’habitude de mâcher les mots. Une fois de plus, le président
national de Démocratie chrétienne s’est prononcé sur la situation générale du
pays. Toile de fond de son analyse : plus rien ne va en RDC. Le pays ressemble à
un navire dont on a perdu totalement le contrôle. « La situation politique et
économique est dramatique. Le pays est dirigé d’une manière opaque », a constaté
Eugène Diomi Ndongala.
« S’il n’y a pas d’audacieuses réformes sur la gestion politique et
économique du pays, nous risquons de sombrer davantage », a-t-il
dit au cours d’une sobre cérémonie d’échange de voeux. Dans tous
les cas, a-t-il ajouté, il y aura de sérieux problèmes du point de vue
de la stabilité économique surtout lorsqu’on sait que certaines
mesures prises dans le secteur minier ont pratiquement déstabilisé
toute l’économie.
« Le taux de change de notre monnaie va atteindre des niveaux dramatiques dans
les prochains jours parce qu’il n’y a pas, entre autres, de matelas de devises », a-t-
il prévenu. Cela est d’autant plus vrai que le seul secteur qui aurait pu ramener les
devises, à savoir le secteur minier, est très mal géré. « Quand nous étions aux
affaires et que nous dirigions le ministère des Mines, a rappelé Diomi Ndongala, c’
est le seul secteur qui produisait des ressources en devises pour le pays ».
Si ce secteur est bien géré, le pays peut en profiter en termes de stabilité
monétaire notamment. Malheureusement, il n’en est pas le cas, s’est-il lamenté. La
surchauffe sur le marché des changes est toujours là d’autant plus qu’il n’y a pas
eu une véritable réaction en termes de mesures macro-économiques pour stabiliser
la monnaie dans le cadre de l’impulsion qui devra être donnée à la croissance. «
Celle-ci n’est plus au rendez-vous », a-t-il déploré.
« Au niveau de la Démocratie chrétienne, nous estimons que le temps est venu
pour que le président de la République, chef du gouvernement, prenne les mesures
qui s’imposent pour envisager ne fut-ce qu’une relance de la croissance que nous
avions connue pendant la transition », a déclaré son président national. «
Regardez la stabilité monétaire qui était de mise en 2003-2004. C’était le fruit de la
bonne gouvernance dans le domaine minier », a-t-il fait savoir ensuite.
L’occasion était propice pour le président Diomi de dénoncer le fait que la
corruption dans le pays a atteint des niveaux à peine imaginables. « La situation
est devenue insupportable. Au niveau de l’Etat, tout se marchande. Tout se
monnaye. Au vu et au su de tout le monde comme s’il n’y a pas d’autorité
dans ce pays », s’est-il écrié.
Sur le plan politique, la situation est loin d’être rassurante. « Les institutions ne
fonctionnent pas comme il fallait. Le parlement est devenu une simple caisse
de résonance. L’opposition est pratiquement neutralisée », a-t-il indiqué
avant de lâcher : « Le chaos est en train de se profiler dans tous les
secteurs. C’est le laisser-aller partout. C’est comme si les élections
étaient le signe de la dégringolade du Congo vers le plus bas
niveau de son histoire ».
« Le chaos est en train de se profiler dans tous les secteurs. C’est le laisser-aller partout.
C’est comme si les élections étaient le signe de la dégringolade du Congo vers le plus
bas niveau de son histoire ».