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Nous assistons depuis plusieurs mois à la déliquescence de l’Etat et à plusieurs reprises nous avons dénoncé les dérives de l’actuel régime au pouvoir au Congo-Kinshasa et son incapacité à promouvoir la paix et le progrès social. La coalition au pouvoir assiste passivement à la grave crise humanitaire et sécuritaire qui frappe durement les populations de l’ Est de la RDC, condamnées à l’errance par une politique aveugle et criminelle, alors qu’ à l’Ouest la répression politique et la crise économique sont en train de détruire le tissu économique du Congo productif. Que des choix malheureux et des faiblesses systémiques dues à un grave déficit démocratique dans le fonctionnement des institutions dites « Elues » ! Ça suffit, Monsieur le Président ! Ça suffit, Messieurs les députés et sénateurs ! Ça suffit, Messieurs les généraux ! Le
gouvernement actuel, comme le précédent
démissionnaire, se sont distingués par
leurs choix ingrats en matière économique et
diplomatique ainsi que par
leur incapacité à faire entendre la voix du Congo face
à une énième guerre de
« proxy »
imposée au peuple congolais ;
personne ne parle au nom des millions de déplacés
congolais qui sont en train
de mourir dans la brousse car abandonnés à la faim,
à la maladie et aux intempéries. C’est un constat malheureux mais objectif: L’actuelle coalition au pouvoir ne se souci guère de leur sort. Comment ça se fait que face au général mutin Nkunda - armé et potentiellement dangereux- aucune action sérieuse n’ait été entreprise pour sécuriser la population, alors que la menace perdurait depuis des années? Ce n’est pas la MONUC qui doit assurer la sécurité des citoyens congolais. Pourquoi ce régime, si actif dans la répression des opposants politiques et de la population civile désarmée, est incapable de rendre opérationnelles au moins quelques brigades capables de défendre notre population et nos frontières à l’Est ? Personne ne semble se soucier de répondre à cette question plus que légitime que les congolais se posent sans cesse…. Que dire, en parallèle, de la gravissime situation d’insécurité qui règne à KINSHASA, au Kongo Central et dans les autres provinces de la République Démocratique du Congo prétendument en paix ? Sans liberté et respect des droits humains, peut-il y
avoir de paix dans un état ?
Je ne le crois pas. La liberté d’expression est un luxe pour les congolais et les journalistes de ce pays sont en train de payer un lourd tribut en vie humaines pour défendre ce droit fondamental qui est le socle de toutes les libertés. Cela est la « Guerre Intérieure » que les Congolais combattent tous les jours. Le gouvernement essaye de nier le bien fondé du récent rapport que Human Right Watch a publié il y a seulement quelques jours sous les titre révélateur « ON VA VOUS ECRASER ! » et dont tous les media internationaux ont largement parlé, à cause de la gravité des dénonciations qu’ y sont contenues : selon ce Rapport, très détaillé, en deux ans de « Démocrature » post électorale, plus de 500 opposants auraient été éliminés et plus de 1000 emprisonnés par le régime Kabila… Il ne suffit pas d’assumer éternellement des postures « négationnistes » comme certains zélés du pouvoir ont l’habitude de faire, pour cacher derrière un écran de fumée des contre-vérités, l’existence des victimes de la guerre interne qui se déroule en RDC: les congolais à l intérieur du pays sont les témoins de cette guerre sournoise contre les citoyens qui est combattue tous les jours et ils savent que ceux qui dérangent sont éliminés, qu’ils existent bel et bien nombreux lieux de détention et de torture où les droits constitutionnels fondamentaux des citoyens sont quotidiennement violés. Tous les Kinois ont vécu sur leur chair les conséquences du bombardement à l’arme lourde de mars/avril 2007 et nous tous savons que les morts se comptaient par centaines, souvent des innocents, nos enfants qui n’ont pas eu le temps de rentrer de l’école ou bien raflés même dans les salles de classe par des balles perdues. Qu’on nous dise pas qui il serait faux que des centaines de civils ont été abattu au Kongo Central ; le mukongo qui vous parle sait que son peuple a été massacré pour réprimer la protestation contre des magouilles électorales et les achats de votes au niveau provincial. Que ne nous disent pas qu’à Kinshasa des assassinats ciblés n’ont pas eu lieu, que les menaces de mort ou bien les interpellations ne sont pas le pain quotidien des opposants politique et des défenseurs de droits de l’homme. Ça suffit ! Trop c’est trop et le moment est venu pour les responsables de la majorité au pouvoir et du régime de rendre des comptes…Car cela aussi fait partie de la Démocratie. Et face à cette situation catastrophique qui menace l’existence – même du Congo Kinshasa, à quoi assistons –nous ? Aux gesticulations contradictoires d’un parlement qui est objectivement incapable de jouer son rôle institutionnel, métamorphosé jour après jour en une simple caisse de résonance du bon vouloir du gouvernement « parallèle » de la RDC, qui, d’ailleurs , a mis carrément ses pénates dans le siège de l’Assemblée Nationale, sans susciter que des timides protestations de la part des « élus ». Le gouvernement Institutionnel, au contraire, est paralysé par une léthargie chronique et pour le manque de souci concernant le sort des citoyens congolais. Il demeure incapable de gérer et défendre les intérêts supérieurs de la nation congolaise. Que dire de notre armée abandonnée à elle-même, trahie et meurtrie par des logiques aberrantes de compromission politique, par des jonglages d’alliances militaires et par les trahisons à tous les niveaux de sa hiérarchie… Il faut le dénoncer clairement et sans
détours : ce
système politique n’ engendre que des
échecs, des désillusions ainsi que
l’humiliation de toute une nation. Personne n’assume la responsabilité de l’entropie avancée que caractérise le Congo d’ aujourd’ hui. Personne ne se sent redevable de la déconfiture de toute une armée, personne n’assume ses responsabilités constitutionnelles face au peuple congolais. Les services de base ne sont plus assurés au Congo Démocratique, même pas dans la capitale. Pas d’eau, pas d’électricité et surtout pas de sécurité. La crise économique internationale érode dangereusement le pouvoir d’achat des couches les plus démunie de la population, sans qu’aucun amortisseur social ne soit envisagé. Les étudiants doivent continuer à « se prendre en charge », les fonctionnaires à travailler sans salaire et les soldats à combattre sans solde, nourriture et munitions… Ou est l’Etat ? Que font les fameuses institutions élues, à part se complaire dans les privilèges et les augmentations des indemnités de fonction et autres avantages qu’ils auto-octroient ? La gestion des matières précieuses et des ressources minières est catastrophique, alors qu’aucune politique cohérente et intelligente de promotion des investissements n’est prônée dans un pays qui doit encore se doter d’infrastructures de base. La propagande des cinq chantiers est devenue une tragique plaisanterie, alors que les tristement célèbres Accords avec la Chine, restent lettre morte et - incroyable mais vrai - malgré leur originaire caractère léonin, ils sont discrètement négociés encore plus à la baisse, après la chute du prix des matières premières. Les
Congolais sont–ils
incapables de se donner des institutions efficaces et
démocratiques ? Non, la
vérité est que ce pays
continue de fonctionner dans l’apparence d’ une
démocratie,
alors que les contre-pouvoirs sont
inexistants, alors que l’opposition
est réprimée et muselée, alors que rien
n’ est fait pour promouvoir un libre débat politique sur la
direction à prendre
pour sauver notre nation. En
réalité, des
structures parallèles régentent
ce pays
dans la plus totale opacité. Les vrais centres de décision ne sont pas institutionnels et les mécanismes démocratiques de fonctionnement d’un état de droit son court-circuités par de cercles de pouvoir parallèles qui fonctionnement autour de la présidence et qui détiennent l’effectivité du pouvoir. Nous vivons
dans une « Démocrature »,
c.à.d. un système politique qui à seulement l’apparence d’une démocratie mais la
substance
d’une dictature. Face à cette situation, le premier responsable à interpeller est le Président de la République. Monsieur le Président, le pays se meurt, que faites-
vous ? Le chef
de la Rébellion de «
proxy » pro-rwandaise vous demande de négocier en
tête à tête la reddition
du Congo, à l’étranger, telle une nouvelle «
Outenika », alors que les
énergies politiques, diplomatiques
et sécuritaires de ce pays n’ont
pas été mobilisées à
cause de votre
incapacité à les rassembler. L’Ouest du Congo a été traité
jusqu’à présent comme un ennemi à
dompter alors qu’ici, depuis toujours, bat
le cœur de ce pays. Ce ne sont pas les troupes étrangères, que malheureusement vous chérissez en lieu et place des hommes de troupes congolais, qui sauveront le Congo. Ce régime a besoin d’un « aggiornamento »
immédiat
car, tel qu’il est devenu, il n’est plus
représentatif de la volonté des congolais. Il vous incombe dans le meilleur délai –
car
il y a urgence - de ressembler les
véritables
forces vives de ce pays, mobiliser les énergies
diplomatiques et sécuritaires qui lui restent pour
vous présenter à la table de
négociations, au nom et dans l’intérêt
du Congo. Il faut reconnaitre que l’esprit et la lettre du Dialogue Intercongolais n’ont pas été respectés ; que des « élections
de façade »
ont engendré des « institutions
de façade ». A cet effet, la Démocratie Chrétienne vous
invite à consulter dans le
meilleur délai les signataires de l’Accord Global et Inclusif de
Pretoria qui,
en contact avec les pays témoins du CIAT, Comité
International
d’Accompagnement, constitueront dans le
meilleur délai un comité de délégués
associés aux négociations de paix avec la
frange dissidente du RCD/Goma
constituée
par le groupe politico-militaire dirigé par M. Nkunda. Ne commettez pas l’erreur de consulter et entendre seulement les puissances signataires du Traité de Lusaka, en oubliant les forces internes qui ont jeté les fondations du processus de démocratisation. Le
déficit démocratique
post électoral est bien la preuve que l’accord cadre de
politique intérieure
qui aurait du assurer la paix et la démocratie au Congo Kinshasa
a été violé. Le
rétablissement de la paix au
Congo Kinshasa
implique,
aussi, la solution des problèmes politiques qui ont fait de la RDC
à un pays privé de défense
intérieure et
sans soutiens extérieurs solides,
à cause d’une gestion hasardeuse des relations
internationales. Certes, quoi qu’il arrive, le régime Kabila ne pourra jamais imposer à tout le peuple congolais les choix de compromission et les jeux d’intérêts élaborés dans l’opacité par son gouvernement parallèle. Le moment est venu de rendre le Congo aux Congolais.
Eugène DIOMI NDONGALA D.C.
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